24/04/2013

Ecoute de podcasts en milieu scolaire et stockage, ai-je le droit ?

         Le podcast est créé par un auteur afin qu'il soit écouté et téléchargé par des internautes. Cependant, écouter ou télécharger des podcasts met en œuvre le droit de représentation et le droit de reproduction des titulaires de droit d'auteur (auteurs, compositeurs et éditeurs) et de droits voisins (artistes-interprètes,  producteurs de phonogrammes et de vidéogrammes).
Les Traités de l'OMPI (Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle) de 1996 sur le droit d'auteur et les droits voisins, accordent le droit exclusif de communication et le droit exclusif de mise à disposition du public pour toute transmission par fil ou sans fil de manière que chacun puisse avoir accès aux podcasts ou balados de l'endroit et au moment qu'il choisit individuellement.
Ainsi, c'est l'auteur des podcasts qui détermine les conditions d'utilisation de ses œuvres. Il doit mentionner sur son site quelles sont les conditions d'écoute et de téléchargement de ses productions sonores, qui la majorité du temps, ne sont utilisables qu'à des fins personnelles et privées.

Par exemple, Radio France, grand producteur de podcasts précisait il y a encore peu de temps sur son site internet les conditions d'utilisation de ses podcasts avec une licence d'utilisation personnelle non exclusive :
« Radio France concède à l'utilisateur des Services définis aux présentes conditions, une licence  d'utilisation des Contenus et Services personnelle et privée, non exclusive, incessible et non  transférable, révocable à tout moment par Radio France à sa seule discrétion, lui permettant  d'utiliser les Services et de 
- reproduire les Contenus uniquement sur son ordinateur et/ou baladeur numérique personnel(s) et ce pour son usage strictement personnel et privé, 
- représenter les contenus sur son ordinateur et/ou baladeur numérique à des fins strictement personnelles et privées ».

Depuis le 1er janvier 2012, voici ce qu'on peut lire : "Radio France et la Société Civile des Producteurs Phonographiques (SCPP) ont signé un accord (à compter du 1er janvier 2012) permettant de donner aux émissions musicales de Radio France une nouvelle vie sur internet. Radio France et la Société Civile des Producteurs de Phonogrammes en France (SPPF) ont également signé un accord (effet au 1er janvier 2012). Vous pouvez désormais écouter à la demande les nombreuses émissions musicales du groupe de manière illimitée. ainsi que les télécharger et les podcaster pendant une durée d'un an à compter de leur diffusion à la radio. Cette démarche s’inscrit également dans la lignée du travail entrepris par Radio France visant à développer son offre multimédia.  http://www.radiofrance.fr/boite-a-outils/podcast/ 

         Je propose d'envisager ici l'écoute des podcasts en milieu scolaire (téléchargés de façon licite bien sûr), soit de faire appliquer l'exception pédagogique.
Pour l'instant, l'exception pédagogique est réglementée par trois accords sectoriels qui visent l'utilisation des livres, de la musique imprimée, des publications périodiques et des œuvres des arts visuel, des œuvres cinématographiques et audiovisuelles, des oeuvres musicales, l'utilisation d’enregistrements sonores d'œuvres musicale et l'utilisation de vidéomusique... mais aucun accord quant à l'utilisation de podcasts parlés (chroniques ou émissions de radio ou webradio ou de site web, livres audio ...). Cependant, ceux-ci étant publiés sur le web, on peut vérifier les droits d'utilisation des podcasts via le site ou privilégier les podcasts sous licence libre.
Dans tous les cas, sans l'exception pédagogique, nous devons respecter le droit de représentation et de reproduction :
  • pas de diffusion d'un podcast à un public sans l'autorisation de l'auteur (= droit de représentation)
  • pas d'enregistrement sur son disque dur, clé USB, téléchargement ... à usage collectif  (= droit de reproduction) 
Sauf si l'usage des podcasts est à but pédagogique 
Sauf si les droits d'utilisation sont précisés sur le site web et vous le permettent
Sauf si les podcasts sont sous licence creative commons avec Paternité (diffusion de l’œuvre entière) :
 (= BY = Le titulaire des droits autorise toute exploitation de l’œuvre, y compris à des fins commerciales, ainsi que la création d’œuvres dérivées, dont la distribution est également autorisé sans restriction, à condition de l’attribuer à son l’auteur en citant son nom. )

 
Ainsi, ai-je le droit, grâce à l'exception pédagogique,  de faire écouter un podcast à mes élèves dans le cadre d'un cours?  OUI si c'est un extrait
  • durée de l'extrait = 15% maximum de la durée totale du podcast (j'ai pris la durée réglementaire d'un enregistrement sonore d’œuvre musicale)
  • doit avoir une finalité pédagogique
  • doit être intégrée dans un cours
  • doit avoir été acquis de façon licite
  • doit être accompagné du nom de l’auteur, du titre de l’œuvre


Ai-je le droit de stocker des podcasts dans une clé USB, un disque dur, un CD ... pour créer une base de données ? NON
Pas de constitution de base de données d'oeuvres ou d'extraits d'oeuvres.
Pourtant, un podcast est créé dans le but d'être écouté ou téléchargé, donc stocké dans une base de données ... mais pour un usage privé. (L’article L.122-5 2° du Code de la propriété intellectuelle énonce que « l’auteur ne peut interdire […] les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective […]». guide juridique du podcast)


Des documents pour approfondir :
  • Le guide juridique du podcast (septembre 2009) sous la direction scientifique de Monsieur le professeur André Lucas – Université de Nantes, Institut de recherche en droit privé (IRDP). Émilie Bouchet-Le Mappian, Sylvain Chatry et Stéphanie Le Cam – Doctorants, université de Nantes, Institut de recherche en droit privé (IRDP)
  • L'exception pédagogique via éduscol
  • L’exception pédagogique : les nouveaux accords (BOEN n°17 du 17 février 2011), bilan par Géraldine Baudart-Alberti, DAJ-CNDP, publié sur savoirs CDI.

Pour création et mise en ligne de podcasts créés en milieu scolaire, lire le billet Création et publication sur Internet de podcasts créés en milieu scolaire, ai-je le droit ?

12/04/2013

Projet radio 6°, séance 7 : habiller les chroniques

                   Avant-dernière séance du projet radio en 6° : la création de l'habillage antenne.

Je leur fais écouter 2 podcasts d'habillage antenne, "jingle in" ou "jingle ouverture" ou "générique de début" ...
"allo la planète" sur le mouv'
"L'horoscope" sur Europe 1

1ère question : Quels sont les éléments verbaux communiqués ?
  • l'heure de diffusion de la chronique (quand)
  • le nom de la radio  (où)
  • le titre de la chronique  (quoi)
  • le nom du chroniqueur  (qui)

2ème question : Que peut-on dire sur la musique choisie ?
  • Il n'y a pas de voix
  • Elle est en lien avec la thématique de la chronique ("Allo la planète" = on entend des personnes qui parlent... / "horoscope" = musique douce, aérienne, bruits de vague ...)

3ème question : à quoi sert l'habillage antenne ?
  • à "habiller" la voix enregistrée de la chronique
  • à indiquer à l'auditeur la radio qu'il écoute et ce qu'il va écouter
  • à rendre "joli" (terme des élèves) pour que l'auditeur ne s'en aille pas
  • à donner envie à l'auditeur d'écouter la chronique


Mise en pratique :
On réfléchit ensemble aux éléments verbaux à enregistrer pour leur habillage antenne. Chaque groupe aura son habillage antenne propre.
  • heure de diffusion : ne connaissant pas à l'avance la grille des programmes de la radio, nous ne la disons pas.
  • nom de la radio : R d'Autan
  • titre de la chronique : chaque groupe choisit un titre, on vote si le choix est difficile.
  • le nom du chroniqueur : les 6°A du collège de ...

On enregistre les éléments verbaux :
Je demande un garçon et une fille volontaires.
Ils ont les éléments verbaux sous les yeux. J'enregistre un élève après l'autre en leur donnant le ton avant chaque élément verbal. Je leur fais répéter les mêmes mots en changeant de ton, d'intonation afin d'avoir plus de liberté ensuite lors du montage. Je leur demande aussi de sourire en parlant car le sourire s'entend et permet à la voix de gagner en rondeur et en agréabilité (oui, ce mot bizarre existe)

Le choix de la musique :
J'ai demandé à chaque groupe de venir avec une musique soit sur CD, soit sur lecteur MP3 ou clé USB. Cette phase est longue car ils ont tous une musique à proposer. Une fois qu'ils ont compris que leur choix de hard-core ou heavy métal n'est pas en relation avec des chroniques sur l'art, la musique et la littérature, on écoute celles qui peuvent correspondre ... puis on vote.


Bilan ?
Voici les voix des élèves dirigés lors de l'enregistrement de l'habillage antenne, puis le résultat final après montage et ajout de la musique (quelques secondes de "the fame" de Lady Gaga)

Création de l'habillage antenne by Podcasts et pedago

C'est une séance très tranquille, sans fiche-outil.
Elle présente cependant une difficulté : trouver des habillages antenne pertinents à télécharger.
J'ai utilisé mon scoop.it de webradios et podcasts pour avoir directement des portails de radio. 
Entre les podcasts qui sont écoutables via un player vidéo avec publicité à chaque début, 
... ceux qui ne peuvent être diffusés car le plug-in du logiciel n'est pas mis à jour or, nous travaillons sur un réseau pédagogique qui nous empêche de faire nous-même les mises à jour, 
... entre les podcasts enfin écoutables mais qui n'ont pas d'habillage antenne car les chroniques sont imbriquées dans une émission et c'est l'animateur qui communique les "éléments verbaux" , 
... entre les sites web qui sont en maintenance , 
... les problèmes de réseau internet, 
... la lenteur de débit
...
ça m'a pris un peu de temps et d'énergie.
A cela, on rajoute le fait que nous accueillons des élèves sans interruption, que pour écouter un son, il faut une certaine concentration, qu'avoir un casque sur les oreilles nous coupe de l'ambiance sonore du CDI et les élèves en profitent ... et qu'en plus, une prof-doc avec un casque, ça intrigue l'adolescent.
Cependant, ça reste une séance sympathique où les élèves sont acteurs et volontaires.

       Cette séance a également été réalisée avec des 5°, 4° et 3°: elle fonctionne également mais les élèves sont moins intéressés, comme moins concernés que les plus jeunes. Les 3°, d'habitude sûrs d'eux et bavards se sont même révélés ... timides !
Les 5° et 4° n'avaient presque pas de musiques pour faire l'habillage antenne. Pour une fois qu'on leur propose de prendre leur lecteur MP3 au collège ... Alors on les a écoutés sur youtube. Les élèves ont proposé de les télécharger ensuite chez eux car "c'est mis à disposition donc c'est pour tout le monde"...
C'est là que l'éducation aux médias s'arrête et que l'éducation à la citoyenneté commence ...

06/04/2013

Projet radio 6°, séance 6 : on enregistre ! corps, esprit, plaisir

             Enfin, voici l'enregistrement des chroniques des 6°, articles tout d'abord dactylographiés pour être notés par leurs enseignants puis travaillés pour être lus à voix haute pour la radio (séance 5 ).

          Oh, honneur suprême, les élèves ont le droit de passer dans la matrice, soit derrière mon bureau. 

Lire à voix haute, c'est maîtriser son corps, son esprit et se faire plaisir.

1ère étape : le corps.
Certains élèves ont les pieds joints, d'autre la tête basse et le texte vers le sol, d'autres se balancent de droite à gauche. ..Certains ont les lèvres et les joues rigides et articulent peu.
Je leur fais mettre les jambes légèrement écartées pour être stables, la tête relevée pour voir face à eux (et donc le texte parallèle au regard) , les épaules en arrière si besoin pour que les cotes puissent bien bouger lors de l'inspiration et de l'expiration. Pour le balancement et autres signes physiques de stress, je les leur décris pour qu'ils puissent les contrôler. Cependant, ils ne sont qu'en 6° et la maîtrise du corps est encore difficile.
Quant à l'articulation, le crayon en travers de la bouche pour répéter suffit.

2ème étape : l'esprit
- madame, je n'arrive pas à dire "aluminium"
- ben si, tu viens juste de me le dire
Elève étonnée : "ah oui ?!"
Buter sur les mots est psychologique. C'est comme quand on se dit "ne pas dire à untel telle information" et quand on voit cette personne, nous n'avons qu'une envie, c'est de lui dire cette info. L'oral, c'est comme le sport. Si on commence à réfléchir à tous les obstacles difficiles, on reste sur la ligne de départ. Dans ces cas-là, je dédramatise : prendre plaisir est le plus important. Tu butes sur un mot, et après ? On recommence est c'est tout. Tu as peur ? De quoi ? Que peut-il se passer de catastrophique si tu te trompes ? C'est une question de confiance en soi, il faut avoir confiance en ce que tu fais.

3ème étape : répétition générale avant l'enregistrement
Conseils que je donne : 
  • ne pas reculer quand ils voient le micro (c'est un réflexe courant). 
  • Garder la tête haute et le texte à hauteur des yeux (et non pas en bas) pour que le micro ne les gêne pas pour le lire. 
  • A chaque fois qu'il y a un changement de voix (les textes sont souvent lus à 2 voix), lever la main un peu avant pour que je positionne le micro devant la bonne bouche. Attendre que le micro soit en position pour parler. S'il y a un silence lors du changement de position, ce n'est pas grave, je couperai.
Les élèves lisent, s'appliquent ... mais à voix basse. Ils lisent pour eux comme s'ils n'avaient pas l'habitude de lire pour être écoutés. Cette répétition sert surtout à leur faire monter " le niveau sonore" . Or, plus ils parlent fort, plus ils vont parler lentement, articuler et mettre le ton. Ils accentuent les mots important qu'ils ont soulignés. Je vois ceux qui sont en apnée ou qui ne respirent pas aux bons endroits. Je leur fais marquer alors la ponctuation orale en rouge.

4ème étape : l'enregistrement et le plaisir
Un micro, audacity et un casque ((J'avoue que le métier d'enseignant demande des fois des sacrifices. Ce jour-là, évitez le brushing et les grosses boucles d'oreilles ou alors prévoyez un petit casque pour lecteur MP3, plus discret)
Les chroniques sont courtes : 1' en moyenne. 
La motivation à ce stade du projet est évidente. Les élèves veulent être les premiers à passer au micro et ils argumentent pour me convaincre ! Eux ont été les premiers à imprimer, oui mais eux là-bas ont été les premiers que j'ai écoutés lorsqu'ils s'entrainaient sauf que les autres ont été les premiers à finir leur article écrit ...  
Les élèves fâchés avec la lecture ou la discipline se fondent dans la "masse" et ne sont plus identifiables.
Je crois que c'est la partie que je préfère le plus finalement.

5ème étape : l'évaluation
J'évalue au fur et à mesure qu'on écoute les chroniques ensemble (le début de l'heure suivante est nécessaire). Les élèves ne font pas vraiment de commentaires. Ils semblent médusés par leur voix et écoutent.
En 6°, j'attends d'eux une lecture fluide (c'est à dire pas saccadée. Se tromper sur un mot arrive à tout le monde), qui respecte la ponctuation (et donc la respiration et donc le sens du texte). J'attends d'eux qu'ils prennent du plaisir et y mettent du cœur, qu'ils soient concernés par ce qu'ils lisent. Mettre le ton est difficile en 6;  cela demande des pré-requis que la majorité n'a pas.

Bilan ?
C'est intensif. J'enchaîne les groupes les uns après les autres. Certains élèves déjà enregistrés écoutent ceux qui sont avec moi, d'autres semblent avoir besoin de "lâcher la pression" et sont bruyants entre les prises.
Il faut avouer aussi qu'utiliser les TIC entraîne un certain stress (chez moi) lié aux problèmes techniques possibles inattendus et inexpliqués : le signal sonore ne passe plus alors qu'avec la classe suivante tout fonctionnait, il y a du souffle d'un coup ... 

Les élèves comprennent l'utilité des phrases courtes, de la ponctuation orale et du soulignage des mots importants. Ils découvrent des erreurs "j'ai oublié un point", "je n'ai pas mis l'accent sur le e" ... et les rectifient d'eux-mêmes.
J'ai découvert aussi que beaucoup d'élèves ne savaient pas ce que signifie "enregistrer". Depuis le début du projet, je dis "enregistrer, enregistrement" et en fait, ils ne comprenaient pas. Pour eux, ils allaient parler en direct à la radio. Il est vrai qu'il y a très peu de situations quotidiennes où on "s'enregistre", voire même aucune.
L'année prochaine, il faudra que je leur explique le terme "enregistrement".


31/03/2013

Projet radio 6°, séance 5 : reformuler pour lire à voix haute

                 Cette séance aurait pu être dans la séance 4 si celle-ci avait pu durer 2 heures. La séance 4 commence avec les fiches-outils sur le travail de la voix du journaliste et l'écriture pour l'oral, puis se finit par le début de la réécriture des articles.
La séance suivante (la 5), les élèves finissent de réécrire leur article pour l'oral (phrases courtes, mise en page aérée et sans police illisible) pour s'entraîner ensuite à lire à voix haute.


Retravailler un texte pour l'oral : reformuler, modifier, se l'approprier
          Les élèves doivent vérifier que leurs phrases ne sont pas trop longues. De ce fait, ils remarquent toutes leurs erreurs : répétitions de mots, dates aberrantes (un artiste mort avant d'être né), phrases sans verbe ou qui ne veulent rien dire, phrases copiées-collées qu'ils ne comprennent pas.
L'oral nécessite des phrases. 
  • Premier étonnement des élèves : supprimer les illustrations. 
  • Deuxième étonnement :  transformer en phrases des mots juxtaposés, transformer en mots certaines ponctuations comme ":" et "; " (exemple = "Antoine de St Exupéry : ses oeuvres" peuvent devenir "Antoine de St Exupéry a écrit ....") 
  • Troisième étonnement : le copier-coller ne passe pas !  Ils ne comprennent pas ce qu'ils lisent, se rendent compte qu'ils n'ont copié qu'une partie qui n'a aucun sens sans l'autre partie. La reformulation est indispensable ... et ils en prennent conscience.

Rédaction de l'introduction et de la conclusion
          Après le travail sur le texte, je leur demande de rédiger une introduction simple et une conclusion très courte (la signature de l'information). Leur article écrit est en fait une production très scolaire avec une présentation type demandée par tous les enseignants : prénom, nom, classe, titre de leur sujet de recherche puis texte présentant les résultats de la recherche avec citation des sources, et, pour certains sujets, illustration.




La signature de l'information communiquée permet de placer les élèves en tant que sources de l'information qui sera diffusée via le média radio (source au sens journalistique du terme). (Dans cette séance, je ne rentre pas dans les détails car ils sont en 6° mais cela peut permettre, pour des élèves plus âgés, de comprendre que toute information a une source, et qu'eux-mêmes deviennent sources à partir du moment où ils communiquent l'information via un média).
Signature = les sources de l'information et la station qui diffuse l'information
"C'était B et A, pour radio XYZ"
"La signature d’une information désigne le nom de la source (auteur) de l’information qui nous est donnée à lire, à écouter ou à regarder, les membres de l’équipe des personnes, parfois nombreuses, qui ont participé à sa diffusion et l’entreprise médiatique qui la diffuse." *

Ce travail écrit est une phase importante avant la lecture à voix haute. Retravailler, reformuler, modifier, réfléchir sur les mots, le sens permet au élèves de s'approprier le texte.

Des conseils pour lire à voix haute
        Lorsque tout le monde a fini, la fiche-outil "Je sais lire à voix haute" est distribuée. Il s'agit de la formalisation de tout ce qui a été vu en séance 4 sur le travail de la voix de la journaliste de France Inter.
Je demande aux élèves de lire le document à voix haute mais sans que ce soit une lecture scolaire : ne pas baisser la voix à chaque point mais uniquement au dernier point du paragraphe, mettre le ton ... Je lis pour leur faire écouter un exemple, ça les amuse ... et ça les entraîne sans qu'ils ne s'en rendent compte. Hier (hier par rapport à aujourd'hui où j'écris ces mots qui sera peut-être 3 jours après ...), une élève a lu la partie "articulation" avec une voix digne de la SNCF. Cette élève est pourtant dans un groupe de soutien en français à cause de ses problèmes de compréhension et de lecture. Cela a ensoleillé ma journée.

Le verso de la fiche liste les items du socle commun que je vais évaluer lorsque j'écouterai avec eux le résultat final des podcasts.
Entraînement
          Ensuite, les élèves se mettent par groupe de travail (2 élèves en moyenne) dans tous les coins du CDI pour s'entraîner. Chaque élève a l'article modifié pour l'oral sous les yeux. Ils doivent se partager la lecture, souligner au crayon à papier les mots importants à accentuer (en référence à la séance 4 sur l'accentuation des mots). Je passe d'un groupe à l'autre pour les écouter. Je fais marquer la ponctuation orale pour les élèves qui ont du mal à respecter la ponctuation écrite.
Les textes sont courts pour que l'exercice soit efficace. Je trouve qu'un texte de 10 lignes est trop long : trop long pour s'entraîner, trop long pour corriger efficacement toutes les erreurs, trop long pour enregistrer, trop long pour écouter. Les élèves se lassent.
Le travail de préparation est donc assez rapide.
Je leur donne le "truc" pour articuler : le crayon en travers de la bouche pour forcer sur les muscles des joues liés à l'articulation (dont le fameux zygomatique).


Bilan ?
         Cette séance est laborieuse à démarrer. Je dois rappeler ce qu'on a fait la séance précédente, il y a deux semaines soit 50 heures de cours avant. Dans l'idéal, cette séance aurait du être réalisée en continuité avec la précédente. Je dois ré-expliquer pourquoi il faut faire des phrases courtes, pourquoi il faut retravailler les textes, enlever les images, faire des phrases là où il n'y a que des juxtapositions de mots.   
Supprimer l'image leur est difficile ... on leur a demandé d'en mettre une et voilà que maintenant, je leur demande de la supprimer !  Je les rassure en leur faisant enregistrer le texte pour l'oral sous un autre nom (nom2.odt). Ainsi, ils savent que leur travail pour les enseignants est toujours intact. Les articles ont été donnés aux enseignants concernés et vont être soit notés, soit évalués via le socle commun.
Une fois que les élèves sont rassurés, la réécriture commence véritablement.


* Pour aller plus loin sur la notion de source et de producteur de l'information, ce dossier du Centre de Ressources en Éducation aux Médias du Québec, CREM.


23/03/2013

Semaine de la Presse et des Médias : découvrir des médias l'air de rien

          Pour le Printemps des Poètes, j'ai diffusé des podcasts de poésies lues à voix haute. Certes, l'ambiance sonore du CDI a été assez anarchique pendant les pauses méridiennes mais certaines élèves ont écouté, d'autres ont été amusés. Je ne dirai pas que cela a été un succès incroyable mais juste l'occasion de mettre un peu de sons, de poésies et de culture dans un lieu où le silence, normalement, fait partie du règlement intérieur. chhhhuuuuuuuuut !

               Du coup, j'ai envie de refaire l'expérience avec la Semaine de la Presse et des Médias.
Durant la pause méridienne de la semaine (25 au 29 mars), je vais diffuser des chroniques et journaux radios en streaming ou en podcast provenant de radios hertziennes et de webradios. Je pense projeter avec le vidéoprojecteur le site web des radios sélectionnées, afin de montrer, l'air de rien, que les radios hertziennes sont aussi en ligne et qu'il existe des webradios, soit autre chose que youtube ! Je diffuserai aussi des vidéocasts de journaux TV. J'ai décidé que ce serait selon mon humeur, sans aucune programmation à l'avance, juste des "airs de rien".

         L'air de rien, cela pourrait les attirer car ce n'est pas dans mon habitude de faire autant de bruit au CDI. Avec un peu de chance, il fera beau et je pourrai, l'air de rien, laisser la porte ouverte sur la cour de récréation, histoire d'attirer les élèves ... l'air de rien.
          L'air de rien, cela pourrait aussi, peut-être, les éduquer : ils découvriront des radios qu'ils n'écoutent jamais ou très rarement (France Infos, RTL, Europe 1, RMC ou France Inter ...) , des flashs infos radios et journaux TV (TF1, France 2 / 3/ 4/ 5/ Ô, Arte , M6 ... )  qui ne les intéressent certainement pas beaucoup d'habitude. Ils entendront et verront des sujets d'actualité, des traitements de l'information différents avec ou sans reportages, avec ou sans interviews, avec ou sans plusieurs journalistes, avec ou sans mise en scène, avec ou sans habillage antenne... Ils apprendront (par l’observation de l'image projetée sur l'écran) que ces médias sont sur le web, qu'ils ont des sites, qu'on peut les écouter et les regarder en direct ou en différé (podcasts et vidéocasts). Ils comprendront (j'espère) que les médias traditionnels se sont adaptés, ils ont changé de support et ont développé de nouvelles activités pour survivre à l'arrivée du web.  
“Tous les médias, quels qu'ils soient, ont dépassé leur cœur d'activité d'origine” Joël Ronez


En résumé, le "l'air de rien" est l'art d'être optimiste.

           Du "l'air de rien", tout le monde en fait dans toutes les disciplines. Afficher, exposer, montrer ... en classe, au CDI, dans l'espace "exposition" des établissements. Or, je crois que le "l'air de rien" (qui est considéré comme une animation du CDI parce qu'on nous l'a enseigné comme tel) est avant tout une pratique pédagogique.
Qu'est ce que la pédagogie ?  "Toute activité déployée par une personne pour développer des apprentissages précis chez autrui".
Qu'est ce qu'un pédagogue ?   "Un praticien qui se préoccupe d'abord de l'efficacité de son action. C'est un homme de terrain, et à ce titre, il résoud en permanence des problèmes concrets d'enseignement/apprentissage. La source principale de son "intuition pédagogique" reste l'action et l'expérimentation, dont il tire validation et encouragement." *

Certes, il n'y a pas de mise en scène comme dans une séance : pas d'appel des élèves présents, pas de présentation des objectifs visés, pas d'organisation ni de progression visibles des apprentissages, pas d'évaluation de l'élève, pas d'obligation à apprendre pour l'élève, et d'ailleurs pas de professeur ni d'élèves.  Bien sûr, l'impact est moindre que lors d'une séance. 
Le "l'air de rien", c'est avant tout considérer les élèves présents comme des futurs citoyens. C'est un moyen de leur faire découvrir un peu de culture humaniste de façon informelle, avec du plaisir, et la liberté pour eux, de l'accepter ou pas, de se l'approprier ou pas. C'est également un moyen détourné de leur faire acquérir des connaissances. Quant nous faisons du "l'air de rien", nous avons toujours des objectifs pédagogiques, nous évaluons si ces objectifs ont été atteints en fonction du nombre de personnes présentes, de leurs réactions, de leurs questions, du nombre d'ouvrages empruntés ... Chaque "l'air de rien" répond également a des enjeux liés au devenir de ces futurs citoyens que nous avons face à nous.


          Pour en revenir à la semaine de la presse et des médias, j'ai créé un scoop.it de webradios et portails de podcasts au cas où j'aurai besoin de podcasts et de sites de webradios. Cela a été le cas pour la séance 4 du projet radio en 6° . J'ai perdu du temps à aller de site en site pour chercher un podcast court dont le sujet était accessible aux élèves. Il me manquait un outil pour gagner du temps dans mes recherches. Je l'ai créé même s'il ne me satisfait pas totalement. L'idéal serait d'avoir les podcasts en fonction de leur durée, avec ou sans habillage antenne, avec ou sans le ton journalistique, avec ou sans reportage, avec ou sans interview, avec ou sans plusieurs voix ... et selon les thématiques abordées.


     Un dernier point, j'ai beau réfléchir à un terme plus scientifique, je ne vois pas autre chose que "l'air de rien"..."ni vu ni connu",  "l'air innocent" ...?  Peut-être que quelqu'un aurait un meilleur terme ?

*Ces deux définitions proviennent de Pédagogie : dictionnaire des concepts clés de Françoise Raynal et Alain Rieunier (EST Editeur, 2007)

16/03/2013

Printemps des poètes : podcast, bazar ... mais ça marche.

          C'est le Printemps des Poètes jusqu'au 22 mars 2013. Motivée, je décide de proposer des recueils illustrés de poèmes aux élèves, j'affiche un peu partout dans le CDI des poèmes... et je me lance dans la diffusion de podcasts de poèmes le midi, lorsque le CDI est ouvert en accès libre. Le thème étant "les voix du poème".
Je suis trèèèèèès motivée.
Sauf que ... c'est un moment trèèèèèès bruyant car les élèves viennent et repartent, parlent un peu fort, le CDI donne sur la récréation qui est le lieu de défoulement physique et auditif.
Sauf que ... le climat joue beaucoup sur l'intérêt des élèves pour la culture et la littérature, comme le dessine si bien Gribouilles de Doc. Or, pour cette première semaine de la poésie, il a fait très froid. Les élèves ont été pris de frénésie de lecture et de culture. Le CDI a été bondé tous les midis de la semaine.

Je suis tenace. Lundi, j'ai positionné mes enceintes vers l'espace lecture et j'ai diffusé des poèmes via mon ordinateur
  • Sauf que : un poème dure 1 à 2'. Or, l'accès libre du midi dure ...45'. Je vous laisse faire le calcul du nombre de poèmes à diffuser et donc du nombre de clics à faire et donc de tout ce que je n'ai pas pu faire d'autre !
  • Sauf que : qui dit élèves soudain passionnés par la lecture dit aussi envie d'échanger (je suis dans ma phase "candide") et que des élèves qui échangent sur Proust, ça fait du bruit, ajouté aux poèmes audio ...
  • Sauf que : j'ai sélectionné 2 sites de podcasts du pinterest "3L", tableau "j'écoute donc je lis" vive voix et littérature audio. Les voix sont souvent des voix d'homme  (les voix graves ont du mal à s'entendre au milieu du brouhaha des élèves) et les poèmes ne sont pas tous très gais ...
  • Sauf que : si je mets les poèmes forts, les élèves parlent plus fort. Si je mets le poème bas, ben, personne n'entend.

Mardi : nouvelle stratégie. Je positionne 4 poufs cubes devant mes enceintes afin de faire un espace dédié à la poésie audio et j'attends, je scrute, tel un pêcheur face à son bouchon au ras de l'eau.
Des élèves s'y installent avec des BD et revues. Je clique alors sur le player de la première poésie du midi ... les élèves se retournent, dont une pas très contente, sourcils froncés.
-" madame, c'est quoi ?"
- " de la poésie.... c'est trop fort ?"
La poésie les dérange mais je persiste et signe et continue de diffuser mes poésies en interrompant ce que je fais toutes les 1 à 2' afin de choisir une nouvelle poésie intéressante.

Un moment, un élève m'interpelle:
- "madame, c'est la poésie sur l'escargot?"

Lundi, une poésie parlait d'escargot ...

Regonflée à bloc, les poésies ont encore envahi l'espace sonore du CDI jeudi et vendredi midi.
Et ce sera encore le cas la semaine prochaine.

Quant à l'année prochaine, j'essaierai d'adopter une autre stratégie en prévoyant à l'avance les poésies à diffuser. Par exemple, si j'avais anticipé, j'aurai pu télécharger plusieurs poésies, les monter les unes après les autres sur une seule piste audio, l'enregistrer en MP3 puis la diffuser en ne cliquant qu'une seule et unique fois sur le player. J'aurai pu ... 
Peut-être que je devrais le faire au lieu d'écrire ce billet !

Un autre site très bien pour les poésies audio que je viens juste de découvrir avec des voix différentes et gaies ... 
 

13/03/2013

Pour une fois, je ne parle pas podcast !

                 Le site DocsPourDocs a créé une nouvelle rubrique "portraits de Docs". J'ai la chance de la baptiser ... Un grand merci à l'équipe de DocsPourDocs dont MDD qui a eu cette excellente idée. Cette interview a été l'occasion de réfléchir encore plus à ce que je fais et pourquoi je le fais, au contenu de ce blog et à sa raison d'être. Nous n'avons pas le temps de vraiment réfléchir en détails à tout ce qui nous motive à créer, construire, produire ... sauf lorsqu'on nous y oblige. Cette obligation devrait donc être obligatoire car très profitable.

J'en profite aussi pour remercier le cafépédagogique pour les nombreuses mises en avant sur son site. Bien entendu, j'ai vite envoyé le lien à mes parents à chaque fois ! Être prof, c'est être un peu élève toute sa vie ...

Quant à LN, c'est l'essence dans le moteur avec son enthousiasme constant.

Tout ça motive, ajouté à tous vos rescoopages, pinterestages, pearltressages et autres liages divers et variés ...